Elephant en Thailande

La défense des éléphants

 

Bien le bonjour !

 

Premier article que j’écris depuis mon retour de Thaïlande (oui le dernier je l’avais préparé avant pour des questions d’organisation). Et j’ai eu raison, le jetlag est intense. Je n’ai fait que dormir pendant trois jours (sauf au travail, dommage). M’enfin, je ne vais pas me plaindre. Non parce que c’était trop-méga-top-moumoute-de-la-mort-qui-tue ! Deux semaines pleines de découvertes et d’émerveillements. De quoi me conforter dans mon désir de voyager. Je n’ai pas prévu de faire d’article récapitulatif de mes visites ou des lieux incontournables car ce n’est pas vraiment le but du blog et je ne pense pas que je serai assez bonne pour ça. Je vais tout de même vous parler d’un endroit qui ne m’a pas laissée indifférente.

La Thaïlande est un pays très touristique, et c’est aussi ça qui fait vivre sa population. Tellement touristique que tous les moyens sont bons pour plaire aux visiteurs, prêts à cracher quelques billets pour le dépaysement. Ça a des bons côtés, on a accès à des temples incroyables, à des plages paradisiaques et à une culture unique. Mais, et ce n’est pas étonnant, ça a aussi des inconvénients et dérives. C’est le cas des éléphants et des camps à touristes.

Photo d'un éléphant en train de manger #elephant #thailande

Les éléphants sont considérés par les thaïlandais comme des êtres liés à l’histoire du pays depuis toujours. Des alliés fidèles, contre les envahisseurs et dans le développement de leur civilisation. C’est pour ça qu’on peut en voir un peu partout : des statuettes, sur les vêtements, les bibelots, les temples,…
Il serait donc naturel que l’éléphant soit protégé. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Afin de répondre à la demande des touristes, les locaux dressent des éléphants, comme c’est le cas des tigres par exemple. Et lorsqu’on parle de dressage, il s’agit ici de maltraitance (les forcer à porter des charges beaucoup trop lourdes, les blesser, les briser psychologiquement…). Et comme l’éléphant dispose d’une très bonne mémoire, celui-ci comprend vite ce qu’il a à faire.

Le tourisme n’est pas la seule raison de leur exploitation (récolte de la coco par exemple) mais cela a directement une incidence sur nous, lorsque nous nous rendons dans ce pays. J’ai même vu des cartes postales avec deux éléphants forcés à procréer devant une foule de touristes. De quoi être totalement dégoûtée. Je vous renvoie directement à un article intéressant à ce propos sur le blog Sethetlise.

Photo d'une éléphante en gros plan #elephant #thailande

Je ne jette pas la pierre aux personnes ayant participé à ce type d’attractions. Quand on ne sait pas… Et puis j’ai moi même été un peu victime de ceci. Je vous explique.

Le voyage a été organisé par ma soeur, à l’occasion de son mariage, j’en ai déjà parlé précédemment sur le blog. Elle était déjà venue en Thaïlande et était au courant de ce qui se passait pour les éléphants. Elle nous a donc proposé d’aller au Ganesha Park, un lieu de paix pour les éléphants maltraités. J’ai été totalement séduite. Les avis sur internet m’ont convaincu. Il s’agissait de vivre un moment unique avec ces êtres majestueux, tout en les respectant et en faisant prospérer un type de tourisme auquel je crois. Le refuge se situe au Nord du pays, à Kanchanaburi et est dirigé par François, un français passionné des éléphants. Il vit avec ses enfants et les différents mahouts. Les mahouts sont les « maîtres » des éléphants, ils vivent une relation apparemment fusionnelle avec leur éléphant. C’est ce qu’on apprend grâce à François, et au documentaire Ushuaïa qui nous a été passé lors de notre visite. Ce film m’a d’ailleurs appris beaucoup de choses. Nous y avons passé deux nuits, et une journée avec les éléphants. Les logements sont rudimentaires et la nourriture est bonne (cuisine végétarienne RPZ). Nous avions tous hâte de vivre cette journée.

Photo d'un homme donnant à manger à un éléphant #elephant #thailande

Je ne vais pas décrire la journée, heure par heure. Nous sommes montés à dos d’éléphant, sans nacelle, nous les avons nourris, et avons joué avec eux dans l’eau, pour finir par faire quelques photos « souvenir ».
Au début j’étais impressionnée (même à la fin mais bon). Impressionnée par la taille de l’animal et par le calme qu’il dégage. Je ne pensais à rien d’autres qu’à pouvoir l’observer ou le toucher. On nous a donc proposé de monter dessus, ce que j’ai fait. Au fur et à mesure, j’ai ressenti un mal-être. Il s’est déclaré en voyant que les mahout, très jeunes pour la plupart, n’avaient aucun problème à danser, sauter, se déplacer sur les éléphantes. Peut-être que cela ne leur fait rien (surement) mais ça m’a dérangé. Nous étions parfois trois sur une éléphante, alors que le poids maximum est d’environ 150 kg, donc limite-limite. Ils utilisaient un bullhook (l’outil qui sert à contrôler l’éléphant), « pas pour leur faire du mal mais pour les diriger ». Mouais, les éléphantes devaient se souvenir de l’engin et agir en conséquence, psychologiquement c’est pas top. Ils leur donnent aussi des ordres en leur criant des mots, ordres nécessaires afin qu’ils avancent ou entrent dans l’eau. Le moment dans l’eau a continué de me mettre mal à l’aise. J’étais sur le dos d’une éléphante, tranquillement en lui faisant des caresses et en la tapotant. J’avais l’impression qu’elle ne voulait pas être là et ça me rendait un peu triste. Donc je ne voulais pas la forcer d’avantage et j’appréciais mon moment. Son mahout a voulu la faire jouer et lui criait dessus en tirant sur ses oreilles. Je m’en fichait moi qu’elle fasse la folle dans l’eau. D’ailleurs, elles (car il ne s’agit que de femelles) faisaient le même « tour » constituant à secouer la tête dans l’eau pour nous faire tomber, ou à effectuer un genre de rodéo. Le tout quand le mahout le demandait. Rien de naturel donc. La fin m’a achevé.

Photo de trois personnes à dos d'éléphant #elephant #thailandePhoto d'un mahout utilisant le bullhook sur un éléphant dans l'eau #elephant #thailandePhoto d'un groupe de personnes sur des éléphants #elephant #thailande

Nous sommes sortis de l’eau pour faire des photos. Nous constatons qu’une éléphante porte avec sa trompe ma petite nièce de 4 ans. Trop choupichou. Sauf qu’en fait, tout le monde y passe, chacun son tour. Je ne voulais pas le faire. Puis ressentant une certaine pression, je l’ai fait, à contre-coeur. Puis l’éléphante a tapé une pose digne d’un numéro de cirque pour une ultime photo. Je suis repartie très déçue. J’avais l’impression que même dans leur sauvetage, ces êtres étaient forcés de travailler, de mériter leur place et donc de plaire au touristes. Je suis peut être trop sensible. Mais je ne pense pas me tromper totalement.

En discutant avec François, le gérant, j’ai décelé un discours que je ne partage pas et qui explique un peu la façon dont est organisé le lieu. Selon lui, comme les humains, les éléphantes doivent travailler. Et en fin de journée, elles peuvent faire ce qu’elles veulent. Sauf qu’en fait non, elles n’ont pas demandé à ce qu’on les fasse travailler. Elles ne vivent pas dans le même système que nous. Les relâcher dans la nature est compliqué, mais leur donner du répit aurait été plus juste. Les laisser vivre et prendre soin d’elles, ne pas les forcer à porter ou jouer avec des gens, même si ce qu’elles font actuellement n’a rien à voir avec ce qu’elles faisaient dans les camps à touristes. Il m’a aussi dit que les zoos étaient de réelles prisons (jusque là je suis d’accord) et que les cirques ça allait car il y avait une réelle relation avec le dompteur qui aime sa bête. C’est là que ça coince pour moi. Mis à part le fait que certains cirques maltraitent les animaux, le dompteur en tire profit et la soi-disante relation sert surtout à l’humain qui exploite l’animal. Ce dernier aurait peut être préféré vivre avec sa famille plutôt que de donner la patte et de sauter dans des cercles de feu.

Je me suis donc dit que sa conception du bien être animal n’était pas la même que la mienne. Il s’en inquiète mais ne va pas vraiment au bout des choses. Et même s’il doit faire vivre son entreprise, afin de veiller à la santé des éléphants, en sauver d’autres, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des « tours » et à un tel dressage. J’avais vraiment l’impression que les mahout utilisaient ce qu’elles avaient appris dans leur camps à touristes. Il aurait fallu ne pas revenir là-dessus. Ne pas leur demander de faire appel aux séquelles de leur passé. Ce qui est d’autant plus frustrant c’est que, personnellement j’avais du mal à déceler des expressions chez les éléphantes. On ne sait pas si on leur fait plaisir, si elles sont heureuses, considérant en plus la couche épaisse qui leur sert de peau. De quoi me rendre dubitative, même si je ne pense pas qu’elles soient malheureuses.

Tout n’est pas noir car les éléphantes de Ganesha Park sont en bonne santé et ne sont pas maltraitées. Elles ont été sauvées et vivent dans de bien meilleures conditions. Elles peuvent marcher et manger à leur guise, chose primordiale pour ces animaux. Certaines étaient violentes (se défendaient, car un éléphant n’est pas d’un naturel violent), d’autres à l’article de la mort, et sans ce lieu, elles seraient peut-être mortes. J’ai aussi apprécié de pouvoir les nourrir, c’était un super moment.

Photo d'un homme mettant sa main sur la trompe d'un éléphant #elephant #thailande

Il existe d’autres lieux qui ont l’air de plus correspondre à mes valeurs, comme l’Elephant Nature Park. Même si cela peut être considéré comme de l’exploitation, le but est de secourir des éléphants issus de camps à touristes, on limite leurs obligations envers les humains et on fait en sorte de subvenir à leur besoins, dans leur intérêt. Dans tous les cas, le prix est assez élevé mais comme je le dis souvent, on paye pour une éthique et de bonnes conditions, ce que je trouve important.

Je ne suis pas déçue de cette expérience, même si j’ai utilisé ce mot plus haut. Sur le moment, ça m’a déplu, mais je suis contente d’avoir pu vivre ces moments. Je veux juste apporter un peu de nuances à certains avis trouvés sur le net. Peut-être que parmi vous, certains partagerons mon point de vue. Cela les aidera à choisir comment ils veulent rencontrer les éléphants et ainsi prendre leur défense.

 

 

 

Que pensez-vous de tout ça ?

 

 

 
Signature Affectueusement Votre
 


 
Sources

Documentaire sur les éléphants au zoo

 
 

 

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9 Comments

  • Reply betweenitalyandfinland 3 mars 2017 at 1 h 30 min

    Perso je suis contre le fait de monter sur un animal, car c’est de toute évidence de l’exploitation, par contre j’aurais effectivement cru que dans ce lieu que tu as visité cela se passerait différemment et que le gérant des lieux ne pouvait qu’être quelqu’un de génial… Donc je partage ta déception (même si tu termines l’article positivement), à croire qu’ils ne pourront jamais être 100% tranquilles nulle part… 🙁
    J’espère avoir aussi l’occasion de rencontrer des éléphants !

    • Reply Affectueusement votre 3 mars 2017 at 11 h 17 min

      En effet je m’attendais à un vrai havre de paix. Mais il existe des lieux ou c’est possible donc c’est rassurant. Merci de ton avis en tout cas 🙂

  • Reply LA THAÏLANDE, C’ÉTAIT BIEN ? | Affectueusement Votre 6 mars 2017 at 11 h 11 min

    […] Thaïlande, c’est le pays du pad thai, des tuk tuk, des éléphants, des massages (TRÈS diverses) et des temples. Oui, complètement. Mais au delà de ça, on […]

  • Reply enaelle24 19 mars 2017 at 16 h 33 min

    C’est un très bel article 🙂 En tant que végane, je suis contre l’exploitation animale, sous toutes ses formes. Les animaux ne sont pas là pour nous distraire et nous amuser…Je comprends ta déception, même si des lieux tels que celui-ci sont de loin préférables aux parcs à touristes.

    • Reply Affectueusement votre 19 mars 2017 at 18 h 35 min

      Oui complètement… je pensais pouvoir les approcher et les nourrir car ils sont habitués à la présence humaine mais j’avais pas besoin de grand chose de plus… et j’aurais dû décliner … mais c’est trop tard, maintenant je suis plus vigilante. Merci pour ton intervention ! 🙂

  • Reply Sophie DEGREMONT 22 mars 2017 at 13 h 51 min

    très bel article 🙂 il est vrai que l’initiative est vraiment top de faire un parc comme ça mais ce serait tellement mieux si les élephants étaient vraiment libre de faire ce qu’ils veulent et pas être au « service » des gens… j’ai une amie qui est allée en Thaïland au Elephant Jungle Sanctuary Camp 6 et pareil, on peut les nourrir, les masser et tout mais par contre interdiction de les monter 🙂 si tu as l’occas d’y aller ^^

    • Reply Affectueusement votre 22 mars 2017 at 14 h 15 min

      Oui c’est ce genre d’endroit que j’aurais aimé visiter je pense. Même si je pense qu’au fond, il pense bien faire, c’est pas ma conception de respect de l’animal..

      Merci pour ton commentaire 🙂

  • Reply Emmeline 11 avril 2017 at 17 h 45 min

    Merci pour cet article. Je m’étais aussi renseignée sur Ganesha Park et le fait qu’ils montaient ne me plaisait pas, et encore moins le fait de les forcer à faire les pitres dans l’eau et à servir de tremplin pour les touristes. Mon choix s’est porté sur Elephant Nature Park et je n’ai aucun regret ! ENP est le moteur du changement des mentalités en Thailande vis à vis de l’éléphant. Le parc est dirigé par « Lek », un petit bout de femme entièrement dévolu au sauvetage des éléphants mais aussi des chats, chiens, buffles, vaches, canards, cochons… bref tout ce qui vit, si elle peut le sauver, elle le fait. Certains diront que même ENP est un endroit d’exploitation etc. Ce genre de discours est extrême et dangereux. Ce type de tourisme est nécessaire pour faire vivre les éléphants et leurs « propriétaires » (dont beaucoup aiment sincèrement leurs éléphants, mais n’ont jamais pris conscience, avant d’être informés, qu’ils les aimaient mal. Ils sont nombreux à être heureux de changer de façon de faire et de suivre le concept de ENP). Sans l’argent des touristes, pas de soins médicaux (souvent lourds vu comme certains éléphants sont mutilés avant leur arrivée), pas de nourriture, pas de terres pour permettre aux éléphants de rester libres, et pas d’argent pour les Thaïlandais qui continueront alors pour beaucoup à exploiter réellement leurs éléphants.

    • Reply affectuesementvotre 11 avril 2017 at 18 h 59 min

      Complètement d’accord avec toi, le tourisme permet de prendre soin des éléphants, que l’on ne peut pas relâcher dans la nature. J’aurais payé pour voir les éléphants, les approcher et aider à s’en occuper. Sans les forcer à quoi que ce soit. Mais comme tu as dû le voir, je n’ai pas choisi l’endroit. Si j’avais su, j’aurai été ailleurs. Jespere d’ailleurs que le Ganesha Park changera.

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